Dans ce blog, je traduirais à la volée certains textes anglophones qui ont un rapport plus ou moins direct à l'autisme. Il y aura toujours la source du document original et, ma foi, n'étant pas le roi des traducteurs ( ni le prince de l'orthographe), toutes corrections, propositions, modifications sont les bienvenues dans les commentaires en attendant que Babelfish s'améliore. L'image ci-dessous est un brainbow de souris, des neurones en couleurs si vous voulez.


Mostly, this blog will be about translating into french some texts written in english, by some autistic people. I think that translating this texts would be a fair-use, as long as french people don't get into english and waiting for babelfish to improve. BUT, if you do not want to have your texts on this blog, just say it in the comments and i will remove it from here. The image above is some colorful neurones, from a mouse brainbow.

vendredi 14 mai 2010

Dans mon langage

La célèbre vidéo d'Amanda Baggs enfin sous-titrée en français. Regardez-ça jusqu'au bout, ça va vous dilater les neurones miroirs. [NdT]
———————————————————————————

" La première partie est dans mon "langage originel", puis la seconde partie en donne une traduction, ou du moins une explication. Il s'agit moins d'un spectacle de foire du genre matez-l'autiste que d'un manifeste sur ce qui est reconnu comme intelligence, comme personne, comme langage, comme communication, et ce qui ne l'est pas. "




lundi 10 mai 2010

Mon extraordinaire essor vers la proéminence

[ Extrait de l'autobiographie de Larry Arnold ]

Mon extraordinaire essor vers la proéminence — S'il n'y avait pas eu certains événements en 1975, je serais plus ou moins resté dans l'ombre à l'Université dans le monde que je m'étais crée, mis à part le fait qu'il y avait une occupation massive à l' University Senate House. J'étais plutôt intéressé par la politique puisque que j'étudiais effectivement les sciences politiques ( ainsi que les travaux de William Morris et les scooters Lambretta).

J'ai négligé de dire que la photographie était mon autre hobby, et que je voulais enregistrer cet événement pour la postérité.

Je devrais juste dire que mes bizarreries m'ont finalement mis en contact avec le reste de l'humanité et qu'elles m'ont fait remarqué. Mes scooters l'étaient certainement aussi. En fait, je suis devenu intéressant pour certaines personnes. Tout le monde à entendu parler de moi au moment où j'en ai eu marre de la façon dont les politiques étudiantes étaient dirigés et où j'ai lancé mon propre manifeste.

Ensuite, bien sûr, est venu le moment crucial. J'allais devoir me lever et parler en public au moment des discours. À ce moment-là, je ne le savais pas mais j'étais une star dans ma façon de faire, mon style unique de livraison était en fait très drôle. Les gens ont rit. Ils écoutaient et ils riaient. Et ça ne me dérangeait pas qu'ils rient. J'ai alors commencé a être caricaturé et parodié dans les journaux étudiants. Tout ce que je disais ou faisait était rapporté.

J'étais adopté par les étudiants anarchistes, parce que vous ne pouviez trouver plus anarchique que moi, ce qui m'a en fait amené a rentrer en contact avec d'autres étudiants, dont beaucoup avec des idées excentriques, qui étaient vraiment capable de m'accepter comme l'un d'entre eux, et c'est ainsi que j'ai une véritable vie sociale pour la première fois.

Éditorialiste de journal — Suite à ça j'ai été invité à écrire une rubrique pour le journal étudiant.

Je n'avais pas la moindre idée de que ce qu'il fallait écrire, alors j'ai écrit des parodies bizarres. Beaucoup de prose en flux de conscience et de non sequiturs, faisant allusions au paysage mental particulièrement étrange dans lequel j'habitais. Et , merveilles des merveilles, ils riaient, et ils en demandait encore. C'était l'époque des Monthy Python et les épanchements bruts de mon esprit divergent ont en fait attrapé l'air du temps.

Pendant cette brève période, j'ai appris beaucoup de choses à propos du journalisme et de la production de journaux compris comme un véritable effort coopératif. Tout le monde pouvait faire la mise en page ou de la dactylographie. Vous reconnaissiez toujours mes mises en pages parce qu'étant dyspraxique, elles étaient vraiment de travers.

Retour sur terre — Rétrospectivement, c'était parmi les meilleurs moments de ma vie, quoique je n'ai pas eu mon diplôme. Il n'y avait pas d'aménagements spéciaux pendant l'examen, et mon manque de capacités en mathématique ne m'a pas servit pendant l'autre sujet principal qui était l'économie. J'avais trouvé ma place, dans une société sans conventions.

Des femmes se sont même intéressées à moi !

La dernière année est arrivé, et j'ai échoué à mes partiels d'économie, et il fallait que cela se termine. J'ai du m'acheter un costume, couper mes cheveux et partir cherché un travail. Eh bien, la prochaine phase de ma vie était un retour à l'ancien isolement. Le monde réel tel qu'il était.

Website
Blog
Chaîne You tube

mercredi 5 mai 2010

Un avant-poste dans nos têtes ( extrait)

source.

C'est dur
de combattre un ennemi qui a ses avant-poste dans nos têtes — Sally Kempton.

" (...) Il est plus facile d'écrire à propos des marques que les médicaments et les électrochocs laissent sur le cerveau ou à propos de celles que les instruments de contention et les coups laissent sur le corps, plutôt que d'écrire à propos des marques de l'environnement institutionnel et des marques que le contrôle psychothérapeutique laisse sur l'esprit. Les premiers sont solides et quantifiables ; les autres sont insaisissable, sans substance, et parfois plus terrifiants et plus durables.

Je fais un cauchemar récurent. Je suis dans un immeuble magnifique, dans une ambiance feutrée et badine. Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours été là. Tout ce dont je pourrai avoir besoin est là. Il n'y a pas de cadenas sur les portes. Des gens me suivent partout ; mais juste hors de ma vue, afin de me donner une illusion de liberté. Ils veulent le meilleur pour moi. Je peux sortir et allé jouer dans les bois, et je grimpe aux arbres. Et ils me traitent comme une enfant. Tout est parfaitement contrôlé. Rien ne semble mauvais, mais rien ne semble vraiment bien, non plus. Tout le monde est doux et très gentil et très indulgent, mais il n'y a pas de liberté. Nulle part. Cela fait de l'apparent bonheur de cet endroit une chose vide, superficielle, et fausse. Cela, pour moi, c'est l'essence des horreurs intangibles dont j'ai peur. C'est seulement quand je me réveille de ce cauchemar que je réalise que c'est un cauchemar, et c'est ce qui le rend encore plus effrayant.

Les aspects les moins tangibles de l'institutionalisation me sont revenus en force la semaine dernière. Pendant une période de flashback, la mauvaise personne a vu que j'étais en train d'avoir des problèmes. J'ai passé la nuit et une partie de la journée suivante dans un service psy, avant même que je ne puisse, en même temps que mon équipe, les convaincre que j'étais mieux dehors. Si je n'étais pas dans le système des services de développement, j'aurais pu resté là, mais les services psy n'aiment pas avoir à affaire aux personnes avec des handicaps du développement. Toutes les horreurs réelles, mais inquantifiables, me sont revenus en force, même pendant ce court séjour, et elles doivent être documenté sûrement autant que les horreurs quantifiables.

J'aurais aimé être celle qui les documente complètement. J'ai essayé, mais à chaque fois que je m'y mets, les mots glissent hors de mon esprit et je me remplit d'un effroi inquiet et de l'odeur de cet endroit. J'ai essayé autant que je pouvais — ici et ailleurs — sous forme de liste :

- Contrôle.

- Infantilisation.

- Surveillance permanente.

- Peur du personnel soignant à cause de ce qu'ils peuvent faire, et peur des autres internés à cause du personnel soignant.

- Odeurs.

- Hurlements.

- Mendier pour des choses basiques et pour des " privilèges" qui, à l'extérieur, sont vus comme des droits.

- Rechercher impatiemment de minuscules choses pour sortir d'une monotonie dont il est impossible de sortir.

- Voir tout ce que l'on fait dit et pense être transformé en terme psychiatrique ( " Non, non, je suis pas angoissée de ne pas avoir mes médicaments, je sais juste que prendre du retard avec ça me donne des migraines, et je ne connais personne qui aime les migraines ").

- Être séparé de tout et de tous ceux qui vous sont familiers.

- Ne pas autoriser ma propre équipe, militants et interprète cognitif ( auquel j'ai droit , aussi certainement qu'un interprète du langage des signes pour un sourd-muet, selon l'Acte des Américains Handicapés), et les voir se battre pour rentrer en dehors des heures de visites.

- Avoir des gens qui contrôlent où, quand, si et comment je peux parler avec des gens proches et des militants/défenseurs [advocates en anglais, ndt]

- Désapprobation de la camaraderie entre internés ou entre internés et équipe soignante.

- Catch-22 sur les émotions exposée— toutes les émotions exposée ont un label psychiatrique correspondant, mais le manque d'émotions exposé est considéré comme un signe de dépression.

- Que l'on vous dise ce que vous êtes " réellement" en train de penser et de ressentir, opposé à ce que vous êtes en train de penser et de ressentir.

- Voir ses motivations constamment interrogées et examinées minutieusement.

- Langage inversé : " s'impliquer dans le programme " est un " bon pas en avant vers l'indépendance " mais prendre vos propres décisions est " désobéissant" , " manipulateur " ou " cherchant à attirer l'attention".

- Dans ce cas précis, une certaine incapacité de l'équipe soignante à saisir que j'avais été vraiment maltraitée durant de précédents internements et que je ne faisait pas juste penser que je l'avait été, (quand on me l'a demandé, j'ai raconté des expériences d'horreur proches de la mort ; je savais qu'ils ne comprendraient pas les subtilités), et que cela était principalement perpétré par l'équipe soignante et non par les autres internés.

- Suppositions de la part du personnel soignant que si des maltraitances ont été commise contre moi au sein du système psychiatrique, alors, c'était de ma faute, et de poser des questions sur ce j'avais fait pour les provoquer.

- Bavardage condescendant de l'équipe soignante qui pensent être sympa mais qui deviennent soudainement ronchon si vous montrez le moindre signe de ne pas apprécier cette conversation.

- Essayer fort de ne pas se faire remarquer, jamais.

- Savoir que si je reste ou si je part dépend du désir des autres ainsi que d'autres facteurs arbitraires, et que de faux rapports peuvent être facilement écrits et justifiés.

- Savoir que les clefs de ma maison et mon porte-feuille sont dans un casier dans le bureaux des infirmières.

- Peur de penser par soi-même ou de ressentir ses propres sensations, et un questionnement constant pour savoir s'ils sont réels ou bien illusions.

- Peur de dire ce que l'on pense— et parfois être grondé— comme un enfant ingrat.

- S'entendre dire sur un ton paternaliste, ô combien vos actions et vos pensées sont importantes, comme si vous n'étiez pas au courant de ce fait.

- Savoir — d'expérience — que si je reste trop longtemps ici , je devrais soit tuer tout désir de liberté ; soit devenir folle furieuse, violente et auto-destructrice et risquer de mourir ou d'être gardé encore plus longtemps.

- Savoir que le monde entier tolère toujours cela, soit en appelant ça " traitement" et " nécessaire ", soit en y pensant tout simplement pas.

- Contrôle.

- Contrôle.

- Contrôle.

Copyright © A M Baggs, 2003


mardi 4 mai 2010

Être un autiste de Haut-Niveau : les avantages

source : autistics.org

écrit le 17 avril 2004
Pour David, qui comprends


- Vous êtes automatiquement exempté de cette chose ennuyeuse et terre à terre que l'on appelle un boulot.

- Le gouvernement vous prendra en pitié et vous donnera de l'argent ( avec un peu de chance).

- Vous n'aurez pas à vous prendre la tête avec les préservatifs ou la pilule parce que vous êtes certain de rester vierge jusqu'à au moins 25 ans.

- Personne ne croira que vous ayez une quelconque créativité ( pour preuves : la première poésie publié par un autiste n'a pas été publié avant 1985, la première autobiographie d'un autiste n'a pas été publié avant 1986, première fiction pas avant 1994), alors vous pouvez créer à peu n'importe quoi qui vous fasse plaisir.

- Des gens comme Olivier Sacks et Morley Safer viendront vous interroger parce que vous êtes une créature fascinante dont l'existence même pousse les gens à questionner la définition de l'humanité.

- Les gens vous adoreront parce que l'humanité est constamment avide d'histoires de Gens Qui Ont Réussit Contre Toute Attente.

- Vous vous assurerez que les familles de docteurs n'aient jamais faim parce que vous passerez de spécialiste en spécialiste comme un genre de plante exotique découverte dans la jungle.

- Vous serez parfaitement anonyme dans les médias parce qu'il n'y aucun flics, docteurs, avocats, scientifiques, ingénieurs, artistes, auteurs, musiciens, dessinateurs, étudiants, ou voisins autiste dans aucun drame, sitcoms, films, bande-dessiné ou manga.

- Vous ne développerez pas une dépendance à la drogue à 1000 € la semaine parce que vous êtes certains d'être pathologiquement obsédé par une chose ou une autre.

- Vous ne fumerez jamais de Marie-Jane ou ne goberez de LSD pour augmenter vos capacités créatives parce que de toute façon vous avez déjà assez à faire avec tous les trucs bizarre qui rôdent dans votre psyché.

- L'honneur d'être inclus dans des éditions révisé de livres d'art, de littérature et d'histoire des sciences — en 2084.

- Vous ne vous ferez jamais baiser ( littéralement et figurativement) par cette terrible chose que l'on appelle Amour.

- Vous n'aurez jamais a vous occupé de l'embarras d'être qualifié de " beau" parce que les gens pensent que vous êtes trop bizarre pour être beau.

- Vous ne divorcerez jamais parce que dans cette société vous avez une chance sur onze de vous marier ( selon une étude).

- Vous aurez toujours l'option de partir en Europe ou au Japon comme beaucoup d'autres américain qui en ont ras-le-bol de leur pays, mais vous serez sûrement encore moins accepté là-bas.

- Vous pouvez toujours dire ce que vous pensez. Vous avez un esprit. Et un cœur.

Copyright © 2004 Vanessa Sodd, inspiré par les avantages d'être une femme artiste